LA PRÉSENCE JUIVE AU CANADA
Histoire de l’immigration juive
2017-05-12T09:54:25+00:00

Project Description

LA PRÉSENCE JUIVE AU CANADA

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American Joint Distribution Committee Archives, New York, NY_08763

En 1939, le Canada refuse l’asile aux 908 réfugiés juifs du Saint-Louis.
On voit ici le navire amarré à Anvers, en Belgique. Un grand nombre de ses passagers seront
victimes de l’Holocauste.

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Ottawa Jewish Archives, 10006, fonds Abraham et Dora Lithwick, 2-036

Abraham et Dora Lithwick devant l’épicerie Lithwick, située au 34, place du marché By,
à Ottawa, dans les années 1930

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Photo : Globe Photo
Source : Archives juives canadiennes Alex Dworkin

Des Marocains juifs s’apprêtent à monter dans un avion, à l’aéroport d’Orly, en France,
pour immigrer au Canada, le 10 juillet 1968

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Photo : Krongold, Londres
Source : Archives juives canadiennes Alex Dworkin

Le premier groupe d’orphelins à destination du Canada après l’Holocauste,
en septembre 1947

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Jewish Historical Society of Southern Alberta, Calgary, 751

Curly Gurevitch (à droite),
« le cow-boy de la colonie »,
à Rumsey en Alberta, 1930

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Archives juives canadiennes Alex Dworkin, Montréal, P02-05

Des travailleuses de l’industrie du textile,
probablement à Montréal, années 1940

Histoire de l’immigration juive

Jusqu’en 1867, le Canada compte à peine 1 000 juifs. Ce nombre s’accroît quand des juifs, fuyant la violence et les persécutions religieuses qui font rage en Europe orientale, se joignent à la grande vague d’immigrants qui entrent au Canada après la Confédération. Des lois restrictives cantonnent alors les juifs d’Europe dans la « zone de résidence », qui s’étend de la Baltique à la mer Noire et englobe des secteurs des actuelles Ukraine, Russie, Pologne, Lituanie, Lettonie, Moldavie, Biélorussie, Bessarabie et Roumanie.

La tradition juive de mettre en place une kehilla, une structure communautaire qui veille aux besoins sociaux et de bien-être des moins fortunés d’entre eux, se poursuit dans les villes du Canada. Les premiers immigrants juifs mieux installés estiment avoir le devoir moral d’aider les plus récents arrivés à s’adapter à la vie au Canada. Des dirigeants de la communauté juive, dont Abraham de Sola, fondent la Hebrew Philanthropic Society. Mais dans une grande ville comme Montréal, on assiste à des disputes occasionnelles entre ceux qui sont mieux établis (de la haute-ville) et les immigrants plus récents (de la basse-ville).

Une centaine de juifs s’installent à Victoria, en Colombie-Britannique, et ouvrent des magasins où se ravitaillent les prospecteurs de la ruée vers l’or du Caribou, dans les années 1860, puis de la ruée vers l’or du Klondike, au Yukon. Dans les premières décennies du 20e siècle, nombreuses sont les petites villes où se dresse un magasin général tenu par un juif. En régions rurales, ces magasins servent de lieux de rencontre informels à la communauté juive et les commerçants font souvent office d’interprètes, de conseillers et de confidents.

De nombreux immigrants juifs répondent aux publicités que diffusent les entreprises d’extraction du charbon en Europe de l’Est et arrivent au Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, pour y travailler comme mineurs de charbon. Quelques années plus tard, ils sont pour la plupart colporteurs ou détaillants. Plusieurs apprennent à parler gaélique avec leurs clients avant d’apprendre l’anglais. À compter des années 1890, nombre d’immigrants débarquent à Saint John, au Nouveau-Brunswick, où ils restent et forment bientôt une dynamique communauté juive. Dans les années 1960, plus de 80 petits commerces y sont tenus par des juifs.

En 1914, le pays compte 100 000 juifs. Habitant à Montréal, Toronto, Winnipeg et dans de plus petites villes, ils sont colporteurs, commerçants, travailleurs du vêtement ou ouvriers.

Alors que la plupart des juifs s’établissent en zones urbaines, certains obtiennent des concessions de terre dans les Prairies et forment 11 colonies agricoles juives. Plusieurs sont toutefois établies sur des terres improductives et les maigres récoltes sont essentiellement détruites par la grêle, le gel ou la sécheresse. Rares sont les colons qui possèdent une expérience en agriculture et aucun n’a jamais connu les températures glaciales et les blizzards aveuglants d’un hiver dans les Prairies. Les colonies sont abandonnées les unes après les autres et les colons s’installent dans les villes.

L’immigration cesse durant les années de chômage élevé qui résultent de la Grande Crise. Même quand Hitler et les nazis menacent la survie du peuple juif, le Canada n’accueille pas de réfugiés. Les fonctionnaires et les politiciens imposent une politique antisémite stricte. « Aucun, c’est encore trop », répond Frederick Blair, directeur de l’immigration, quand on lui demande combien de réfugiés juifs provenant de l’Europe occupée par les nazis le Canada accueillera.

La situation change après la Seconde Guerre mondiale : quelque 40 000 survivants de l’Holocauste sont admis. Une seconde vague de réfugiés européens arrive vers la fin des années 1950, après l’échec de la révolution hongroise.

Les plus récents immigrants juifs proviennent notamment du Maroc, de la Tunisie, de l’ancienne Union soviétique et de l’Afrique du Sud. Les nombreux immigrants juifs francophones transforment la communauté montréalaise et la dotent de synagogues, d’écoles et de saveurs qui témoignent de leur culture sépharade. C’est pour fuir la persécution dans leur patrie qu’ils s’installent eux aussi ici en quête de paix et d’acceptation.

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